16,68 milliards de dollars.

Le prix de l’attention

Un procés retentissant

Vingt-neuf États américains accusaient Meta "d’avoir trompé les consommateurs et violé la loi fédérale sur la protection des mineurs, en exposant les jeunes utilisateurs à des contenus violents ou sexuels et à des risques d’addiction."

La vice-procureure de Californie, Megan O’Neill, a utilisé un vieil argument anti gafam contre la maison mère de Facebook et Instagram.

« Meta a caché la vérité : Si vous ne payez pas le produit, c’est vous le produit. Nos enfants sont le produit. [et leur but est d'] Accrocher les utilisateurs, les retenir le plus longtemps possible, collecter leurs données et cacher la vérité au public. »

La juge Yvonne Gonzalez Rogers est la juge qui avait déja condamné APPLE à ne plus imposer aux éditeurs d’utiliser son système de paiement au sein de leurs applications.

Meta a annoncé avoir signé un protocole avec la quasi-totalité des Etats américains ainsi que le district de Columbia, Porto Rico et les Samoa américaines.

Menacée d’une amende de 200 milliards de dollars, Meta a accepté ce mercredi 26 août, de verser 16,68 milliards de dollars acquittables progressivement par des versements annuels sur dix ans, pour clore le procès et a annoncé une série de mesures limitant certaines fonctionnalités de ces plateformes pour les mineurs aux Etats-Unis :

  • Limite de temps : Une limite quotidienne par défaut de deux heures que les adolescents ne peuvent désactiver qu’avec la permission des parents. Cette limite est cumulative entre Facebook et Instagram.
  • Mode nuit : Un blocage par défaut des applications entre minuit et 6h du matin. Cela signifie que les adolescents ne pourront pas publier ou consulter leur fil d’actualité, leurs Stories, Explorer ou Reel.
  • Mode école : Les notifications seront coupées par défaut entre 8h et 15h. Pendant ces heures, les adolescents ne recevront plus de notifications push, sauf pour les messages directs et les alertes concernant la sécurité ou la sûreté de leur compte.
  • Consignes régulières : Les adolescents recevront des alertes toutes les 15 minutes d’écran continu sur Facebook ou Instagram. Ils recevront également des alertes lorsque leur consommation quotidienne totale atteint 60 minutes et 90 minutes.
  • Contrôle algorithmique des flux : Les adolescents pourront choisir un flux non algorithmique par défaut. Nous leur rappellerons périodiquement cette option, et les parents pourront choisir d’ajuster l’expérience par défaut de leur adolescent pour exiger ce paramètre.
  • Contrôle de la lecture automatique : Les adolescents pourront désactiver la lecture automatique. Les parents peuvent choisir d’ajuster l’expérience par défaut de leur adolescent pour exiger ce paramètre.
  • J’aime(like) caché : Les adolescents ne verront pas par défaut le nombre de likes et de réactions sur les publications, qu’elles soient les leurs et celles des autres.
  • Désactivation de la chirurgie esthétique et des filtres de maquillage extrêmes : En plus de notre politique actuelle d’empêcher les adolescents d’utiliser des filtres pour chirurgie esthétique, nous les bloquerons désormais.
  • Assurance d’âge : Nous travaillons dur pour trouver et supprimer les comptes mineurs de nos applications et, dans le cadre de notre accord, nous investissions encore plus fort pour détecter proactivement les comptes pouvant appartenir à des moins de 13 ans.
  • Restrictions de contenu adaptées à l’âge : Nous maintiendrons nos standards actuels de contenu afin que, par défaut, les adolescents soient placés dans des paramètres de contenu 13+, inspirés par le cinéma critères d’évaluation et retours des parents.
  • Contacts non désirés d’inconnus : Nous maintiendrons nos pratiques actuelles consistant à obliger les adolescents à avoir des comptes privés sur Instagram et des paramètres privés par défaut sur Facebook, Et nous continuerons à restreindre les adultes potentiellement suspects de les contacter. Nous renforcerons également nos efforts pour rendre plus difficile pour ces adultes de trouver, suivre ou interagir avec les adolescents.
  • Signalement et protection continue contre les contenus nuisibles : Nous continuerons à offrir aux adolescents des moyens simples de signaler les contenus qui les concernent,
  • Renforcer les contrôles parentaux : Nous encouragerons les parents à mettre en place nos outils de supervision.
  • Nos fonctions de messagerie directe sont exclues des restrictions du mode nuit, de la limite de temps et du mode école, afin de permettre aux adolescents de rester connectés avec leurs amis et leur famille.

Des témoins génants

Cette enquête, commencée fin 2021 après les révélations de la lanceuse d'alerte Frances Haugen sur les recherches internes de Meta, met fin aux poursuites contre le groupe qui a voulu éviter un déballage de ses affaires comme celle de Yael Eisenstat, ancienne responsable de l’intégrité des publicités politiques de Facebook qui travaille aujourd’hui pour le Cybersafety Research Center, une ONG new-yorkaise qui documente les effets pervers des algorithmes des réseaux sociaux.

La perspective d’un Zuckerberg devant déposer sous serment a également joué sur la volonté du groupe d'en finir avec ce procès.

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