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Amazon a bloqué Muse, l'agent IA personnel de Meta, sur son site marchand depuis dimanche 20 .
Ce qu'Amazon reproche :
- Meta ne les a pas prévenus que Muse irait faire des achats sur Amazon.com,
- l'agent ne s'identifie pas comme un bot en naviguant,
- il capturerait/conserverait les identifiants clients (accès potentiel aux comptes et à l'historique de commandes) tout ça sans l'accord d'Amazon.
Le message affiché aux utilisateurs est : "𝘾𝙤𝙣𝙩𝙞𝙣𝙪𝙚𝙙 𝙖𝙘𝙘𝙚𝙨𝙨 𝙗𝙮 𝙖𝙣 𝙪𝙣𝙖𝙪𝙩𝙝𝙤𝙧𝙞𝙯𝙚𝙙 𝘼𝙄 𝙖𝙜𝙚𝙣𝙩 𝙫𝙞𝙤𝙡𝙖𝙩𝙚𝙨 𝘼𝙢𝙖𝙯𝙤𝙣'𝙨 𝘾𝙤𝙣𝙙𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙤𝙛 𝙐𝙨𝙚, 𝙩𝙤 𝙬𝙝𝙞𝙘𝙝 𝙤𝙪𝙧 𝙘𝙪𝙨𝙩𝙤𝙢𝙚𝙧𝙨 𝙝𝙖𝙫𝙚 𝙖𝙜𝙧𝙚𝙚𝙙."
La réponse de Meta ne s'est pas faite attendre : 𝑴𝒖𝒔𝒆 𝒏'𝒂 𝒂𝒖𝒄𝒖𝒏𝒆 𝒗𝒊𝒔𝒊𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕𝒆́ 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒕𝒔 𝒅𝒆 𝒑𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒐𝒖 𝒎𝒐𝒚𝒆𝒏𝒔 𝒅𝒆 𝒑𝒂𝒊𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕𝒅𝒆𝒔 𝒖𝒕𝒊𝒍𝒊𝒔𝒂𝒕𝒆𝒖𝒓𝒔, 𝒆𝒕 𝒍𝒆𝒔 𝒊𝒅𝒆𝒏𝒕𝒊𝒇𝒊𝒂𝒏𝒕𝒔 𝒑𝒂𝒓𝒕𝒂𝒈𝒆́𝒔 𝒗𝒐𝒏𝒕 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒖𝒏 𝒔𝒕𝒐𝒄𝒌𝒂𝒈𝒆 𝒔𝒆́𝒄𝒖𝒓𝒊𝒔𝒆́ 𝒑𝒆𝒓𝒎𝒆𝒕𝒕𝒂𝒏𝒕 𝒂̀ 𝑴𝒖𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒆𝒔 𝒖𝒕𝒊𝒍𝒊𝒔𝒆𝒓 𝒔𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒗𝒐𝒊𝒓. 𝑳'𝒂𝒈𝒆𝒏𝒕 𝒕𝒐𝒖𝒓𝒏𝒆 𝒔𝒖𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒎𝒂𝒄𝒉𝒊𝒏𝒆 𝒗𝒊𝒓𝒕𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒅𝒆́𝒅𝒊𝒆́𝒆 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒄𝒍𝒐𝒖𝒅 𝒅𝒆 𝑴𝒆𝒕𝒂 𝒆𝒕 𝒖𝒕𝒊𝒍𝒊𝒔𝒆 𝑳𝒊𝒏𝒌 𝒃𝒚 𝑺𝒕𝒓𝒊𝒑𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒈𝒆́𝒏𝒆́𝒓𝒆𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒏𝒖𝒎𝒆́𝒓𝒐𝒔 𝒅𝒆 𝒄𝒂𝒓𝒕𝒆 𝒂̀ 𝒖𝒔𝒂𝒈𝒆 𝒖𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆. "
Amazon avait déjà poursuivi Perplexity pour son navigateur Comet et bloqué des agents shopping de Google et OpenAI.
Le 8 septembre 2026, Meta a dévoilé Muse, un agent d'intelligence artificielle personnel destiné aux particuliers aux États-Unis. Le lancement ambitieux intervient dans un contexte particulier : moins de deux semaines après que Meta ait accepté un règlement de 18 milliards de dollars avec 29 États américains dans l'affaire liée aux préjudices causés par les réseaux sociaux (lire ici 16,68 milliards de dollars.).
Qu'est-ce que Muse ?
Muse fait partie des nouvelles générations de chatbot conversationnel comme Gemini Spark ou Claude Cowork, contrairement aux assistants IA de première génération, conçus surtout pour répondre à des questions ou servir de compagnons de discussion, Muse est pensé pour agir directement à la place de l'utilisateur.
Selon Meta, l'agent peut notamment :
- envoyer des e-mails et remplir des formulaires
- réserver des voyages
- négocier ou réduire des factures
- transformer une recette vue en story dans instagram en liste de courses
- organiser des invitations
- effectuer des achats en ligne, via une intégration avec Link by Stripe pour le paiement.
Des intégrations avec Shopify et 1Password sont également annoncées comme à venir.
L'utilisateur peut donner un nom à Muse, choisir son avatar et configurer la manière dont l'agent communique avec lui, "dans l'idée de créer un lien plus personnel".
Comment ça marche ?
Pour fonctionner, Muse se connecte aux applications et services du quotidien de l'utilisateur : e-mail, agenda, paiement, santé et fitness, domotique, restauration, achats, musique, billetterie, etc. L'utilisateur choisit lui-même, service par service, ce qu'il autorise à connecter : approche que Meta présente comme un moyen de rendre la démarche d'inscription (opt-in) plus transparente .
Quand un service ne dispose pas de connecteur natif mais propose une API publique, Muse peut établir la connexion à partir des identifiants fournis par l'utilisateur ; en l'absence d'API, l'agent passe directement par le navigateur pour accéder au service.
Muse sera accessible via le web (muse.ai), des applications iOS et Android, ainsi que par le biais de conversations WhatsApp, avec une arrivée annoncée "prochainement" sur les lunettes connectées de Meta .
Combien ça coute ?
L'usage de base est gratuit (mais nécessite quand m^me de rentrer sa CB !), deux formules payantes sont proposées, Power à 20 $/mois et Maximum à 100 $/mois, pour un usage plus intensif. Meta indique toutefois s'attendre à ce que la majorité des utilisateurs restent sur l'offre gratuite, et précise qu'un indicateur de consommation prévient l'utilisateur avant tout passage à un palier payant.
Et la sécu dans tout cela ?
Meta sait que c'est là dessus que la solution va ête attendue compte-tenu de ses méfaits précedents. Donner à un agent IA l'accès à ses e-mails, son agenda et ses moyens de paiement soulève naturellement des questions de confidentialité. Meta affirme que Muse s'exécute dans un environnement dédié et isolé, une « machine virtuelle sécurisée » baptisée Muse Secure VM, dotée de son propre navigateur, censée offrir des protections de confidentialité, de sécurité et de sûreté sur les données des utilisateurs (détaillé dans le billet technique publié également aujourd'hui research.meta.ai). Un agent distinct, nommé Sentinel, tournerait également sur cette même machine virtuelle mais resterait cloisonné au niveau système. Meta affirme également que Muse n'a pas accès aux mots de passe ni aux moyens de paiement des utilisateurs, et que les conversations et données ne sont pas partagées avec les systèmes publicitaires du groupe.
Les utilisateurs devront refuser que Meta utilise leurs interactions avec l’agent personnel Muse pour entraîner les modèles d’IA de l’entreprise. S’ils ne le font pas, l’entreprise éliminera les « informations personnelles critiques » avant d’utiliser les conversations et interactions des agents pour améliorer les modèles d’IA, a déclaré David Singleton, vice-président de l’ingénierie chez Meta.
Les experts comme ceux de Techcrunch affirment que ces informations mèritent d'être vérifiées :
(These claims are explained in more detail in a technical post, also released today, but will require deeper investigation by security experts.)
Despite Meta’s documentation of its security measures, it remains to be seen whether the company has enough consumer trust for its agent to be successful.
Muse sera t'elle Melpomène* pour META ?
Il est clair que le casier de META est chargé en matière de perte de confiance en particulier compte-tenu des données personnelles qu'il faut confier à Muse :
- un règlement avec la FTC en 2011 pour tromperie des consommateurs sur la confidentialité ;
- de nouvelles poursuites de la FTC en 2023 pour violation d'un ordre de confidentialité antérieur
- la découverte, en 2019, de mots de passe d'utilisateurs stockés en clair
- et surtout pour le grand public, le scandale Cambridge Analytica
Le magasine Reuters affirme avoir vu des messages internes de salariés testeurs de Muse, avec des retours contrastés :
- Un(e) employé(e) a jugé l'outil très utile pour organiser un voyage, allant jusqu'à le décrire comme le « troisième participant » d'une lune de miel de trois semaines en Indonésie.
- Un(e) autre, qui avait demandé à Muse de surveiller la mise en vente de billets ou d'articles à écoulement rapide, a rapporté de nombreux dysfonctionnements rendant l'outil peu fiable : arrêt du rafraîchissement de la page après une quinzaine de minutes, erreurs ignorées silencieusement, désactivation de la surveillance sans raison apparente.
- Le CTO de Meta lui-même, Andrew Bosworth, a indiqué avoir été déconnecté à répétition, devant se reconnecter plusieurs fois en quelques minutes.
- Plus grave : certains ont signalé des failles de sécurité, dont un cas où l'agent a contourné ses garde-fous et exposé les photos iCloud privées d'un enfant, après une demande d'identification de jouets sur des photos d'anniversaire.
Source : Reuters
Pour les techos :
Muse s'appuie sur Muse Spark, le modèle multimodal de raisonnement de Meta Superintelligence Labs (MSL), la division dirigée par le chief AI officer Alexandr Wang. Muse Spark constitue le socle d'une famille de modèles plus large lancée depuis avril 2026, qui inclut aussi Muse Image, Muse Videoet Muse Code, un agent de codage présenté début août 2026 pour concurrencer Anthropic et OpenAI .
La version la plus récente, Muse Spark 1.3, a été conçue pour mieux tenir la distance sur des tâches longues et multi-étapes : elle pose des questions de clarification en cas d'ambiguïté, sollicite l'utilisateur en cas de blocage et demande une confirmation avant toute action jugée conséquente (en détail).
*Melpomène : Muse de la tragédie.

Sources : Reuters - TechCrunch - CNBC - Meta

