• A lire

    Une sélection de livres à découvrir

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    THEORIE DE LA SIMULATION

    Tout commence en 2016. Loïc Hecht, qui écrit depuis une quinzaine d'années sur la Silicon Valley, tombe sur un portrait du New Yorker consacré à un jeune entrepreneur encore peu connu du grand public : Sam Altman, qui vient de cofonder OpenAI. L'article évoque la crainte d'Altman et d'Elon Musk de voir l'humanité un jour asservie par une intelligence artificielle, peur qui les aurait poussés à créer OpenAI. Mais une autre ligne intrigue davantage le journaliste : la rumeur selon laquelle deux milliardaires de la Silicon Valley financeraient en secret une équipe de scientifiques pour trouver la preuve que notre réalité est une simulation informatique, un "glitch" dans le code du monde.

    Loïc Hecht se rend à San Francisco et va mener pendant plus de dix ans une enquête qui va modifier ses propres convictions et perceptions du monde.

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    ETAT DU MONDE

    Cet ouvrage est sensé regrouper l’évaluation des menaces 2026 de la communauté américaine du renseignement, la Stratégie de sécurité nationale de la Maison Blanche qui décrit les priorités pour la sécurité intérieure et extérieure, et enfin les débats contradictoires devant la commission permanente sur le renseignement du Sénat américain. Mais cette année c'est une ode au "merveilleux travail de Donald Trump ".

    Menaces actuelles et futures vues par la CIA témoigne de la priorité donnée aux menaces « intérieures », depuis la lutte contre le narcotrafic et l’immigration jusqu’aux différentes formes de terrorisme, pointe l’augmentation des armes nucléaires et démontre l’enjeu stratégique croissant de l’Arctique, des technologies liées à l’intelligence artificielle ou de la conquête spatiale. Ce rapport analyse le risque de conflit avec la Russie et la Chine, adversaires toujours dangereux pour les Américains et la détérioration de la relation de confiance avec l’Europe.

    Cette année ce rapport est une hagiographie Trumpiste qui vaut surtout par les décryptages de Alain Frachon Paul Charon & Clément RENAULT.
    Les analystes soulignent également que "𝒍𝒆 𝒅𝒐𝒄𝒖𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒂 𝒑𝒆𝒓𝒅𝒖 𝒍𝒆 𝒗𝒐𝒄𝒂𝒃𝒖𝒍𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒕𝒆𝒄𝒉𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒔𝒖 𝒓𝒆𝒏𝒔𝒆𝒊𝒈𝒏𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕, 𝒂𝒅𝒐𝒑𝒕𝒆́ 𝒍𝒆 𝒓𝒆𝒈𝒊𝒔𝒕𝒓𝒆 𝒍𝒂𝒖𝒅𝒂𝒕𝒊𝒇 𝒅𝒖 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆́ 𝒑𝒓𝒆́𝒔𝒊𝒅𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒍, 𝒓𝒆𝒎𝒑𝒍𝒂𝒄𝒆 𝒍𝒆 𝒕𝒆𝒓𝒎𝒆 𝒇𝒐𝒏𝒅𝒂𝒕𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒔𝒐𝒏 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆 𝒈𝒆𝒏𝒓𝒆 (𝒕𝒉𝒓𝒆𝒂𝒕 =𝒎𝒆𝒏𝒂𝒄𝒆) 𝒑𝒂𝒓 𝒖𝒏 𝒕𝒆𝒓𝒎𝒆 𝒅'𝒊𝒏𝒋𝒐𝒏𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 (𝒘𝒂𝒓𝒏𝒊𝒏𝒈 = 𝒎𝒆𝒏𝒂𝒄𝒆) 𝒆𝒕 𝒂𝒍𝒊𝒈𝒏𝒆́ 𝒔𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒎𝒐𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒔𝒆𝒔 𝒔𝒊𝒍𝒆𝒏𝒄𝒆𝒔 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒂 𝒍𝒊𝒈𝒏𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑵𝑺𝑨. 𝑰𝒍 𝒏'𝒆́𝒗𝒂𝒍𝒖𝒆 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒎𝒆𝒏𝒂𝒄𝒆𝒔, 𝒊𝒍 𝒍𝒆𝒔 𝒓𝒆́𝒆́𝒄𝒓𝒊𝒕 𝒔𝒆𝒍𝒐𝒏 𝒖𝒏 𝒓𝒆́𝒄𝒊𝒕 𝒑𝒓𝒆́𝒆́𝒕𝒂𝒃𝒍𝒊".
    Si on analyse plus en détail les mots :
    - Dans les éditions 2023 et 2024, le mot président apparaissait 6 fois et ne désignait jamais le président américain : il renvoyait à des chefs d'État étrangers. En 2026, président passe à 11 occurrences et Trump apparaît pour la première fois comme terme autonome.
    - Certains mots ont carrément disparu :
    ♻️ "CLIMATE CHANGE" passe de 18 occurrences en 2023 contre 0 en 2025 & 2026
    👨 RMVE (menace des suprémacistes blancs) de 15 à 0
    - D'autres sont en chute libre :
    🩺 SANTE de 19 à 1
    🗳️ DEMOCRATIE de 17 à 3
    👁️‍🗨️ INFLUENCE de 40 à 14
    Et si on demande son avis à nos amis imaginaires sur le livre ?
    "Anthropic : Chaque année, la communauté du renseignement américain remet au président une synthèse confidentielle des menaces pesant sur les États-Unis et le monde libre. Cet ouvrage rassemble l'Évaluation des menaces 2026, la Stratégie de sécurité nationale de la Maison Blanche, et les débats devant la commission sénatoriale du renseignement — préfacé par Alain Frachon et introduit par des chercheurs de l'IRSEM.
    Ce qui frappe à la lecture, c'est le déplacement du centre de gravité : la priorité affichée va désormais aux menaces dites « intérieures » — narcotrafic, immigration, terrorisme sous ses différentes formes — plus qu'aux seuls équilibres géopolitiques classiques.
    Le panorama reste néanmoins large :
    Prolifération nucléaire en hausse
    Arctique et espace comme nouveaux terrains stratégiques
    Risque de conflit avec la Russie et la Chine, toujours perçues comme adversaires majeurs
    Dégradation de la relation de confiance avec l'Europe
    Montée en puissance de l'intelligence artificielle comme enjeu de souveraineté
    Au fil des pages, on mesure combien l'approche des services de renseignement peut diverger de celle portée par l'exécutif américain — une tension intéressante à observer à l'ère Trump, entre coups d'éclat diplomatiques et lecture plus froide des rapports de force par les agences.
    Une lecture exigeante, parfois glaçante, mais précieuse pour qui veut comprendre les lignes de fracture qui structureront la décennie à venir."

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    TECH / IA

    Dans son livre Pionniers. Voyage aux frontières de l'intelligence artificielle (Grasset), Guillaume Grallet, reporter au Point, nous emmène, au gré d'un récit à la première personne, dans un trépidant tour du monde, de San Francisco à Dubai en passant par Davos, Saint-Pétersbourg ou Kigali, à la rencontre de ces mystérieux tycoons de la tech. Il les a tous (ou presque) rencontrés, souvent plusieurs fois et dans des circonstances acrobatiques.

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    E-SANTE

    « Nous sommes en passe d’inventer les machines qui nous soigneront mieux que nous sommes capables de nous soigner nous-mêmes. L’intelligence artificielle se dressera bientôt contre la maladie, avec une implacable efficacité. »

    Jean-Emmanuel Bibault est professeur en oncologie radiothérapie à l’université de Paris Cité, praticien à l’Hôpital européen Georges-Pompidou et mène ses travaux de recherche à l’INSERM dans le domaine de l’intelligence artificielle.

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    TECH POLITIQUE

    Fred Turner est professeur associé en sciences de la communication et histoire des médias à l'université Stanford.

    L'ouvrage de Fred Turner le plus connu en France est Aux sources de l'utopie numérique. De la contre culture à la cyberculture : Stewart Brand, un homme d'influence (From Counterculture to Cyberculture. Stewart Brand, the Whole Earth network, and the Rise of Digital Utopianism), publié en 2006. Turner y expose la thèse selon laquelle les idées de la contre-culture hippie apparues dans les années 1960 aux États-Unis ont eu une influence majeure dans le développement des nouvelles technologies.

    Nous vous proposons ici un autre de ses ouvrages Le cercle démocratique : Le design multimédia de la Seconde Guerre mondiale aux années psychédéliques. Fred Turner nous entraîne dans un voyage intellectuel qui va de la fin des années trente aux années soixante. Sociologues, psychologues et théoriciens de la communication y retrouvent les artistes du Bauhaus, les grandes expositions, la musique de John Cage, les happenings et l'explosion psychédélique. Ce livre nous offre un nouveau regard critique sur le multimédia, sur les relations complexes entre l'art, les sciences humaines, les utopies démocratiques et la réalité des pouvoirs d'état.

    À l'occasion des 10 ans de la publication en français de Aux sources de l'utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d'influence de Fred Turner, C&F éditions a réuni une douzaine de texte autour de ce classique des humanités numériques que vous pouvez télécharger ici :

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    TECH POLITIQUE

    Olivier Alexandre est sociologue, chargé de recherche au CNRS, membre du Centre Internet et Société, enseignant à Sciences Po Paris, ancien visiting scholar à l’université de Northwestern et de Stanford. Ses travaux portent sur la culture et le numérique.

    La Silicon Valley, cœur battant des nouvelles technologies, rythme le quotidien de milliards d’individus. Elle a transformé les façons de communiquer, de s’informer, de travailler, de se divertir et de s’aimer. Percées technologiques, marchés financiers, cours de justice, ses entreprises occupent le devant de la scène médiatique. De la conquête spatiale à l’informatique quantique, ses ingénieurs repoussent les frontières de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Ses scientifiques projettent la fin de la mort et travaillent au dépassement de l’humain par la machine.

    Ce livre propose une immersion dans un univers qui inspire jusqu’à Hollywood, mais qui reste paradoxalement méconnu. Loin de s’arrêter à ses grands noms, il dépeint le parcours, la mentalité et les façons de faire de ceux qui bataillent quotidiennement pour séduire les investisseurs, embaucher les meilleurs développeurs et trouver la solution qui changera le monde.

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    TECH SOCIOLOGIE

    Déconstruire le mythe pour mieux comprendre. Anthony Galluzzo est maître de conférences à l’université de Saint-Étienne. Il est affilié au laboratoire de recherche Coactis. Ses travaux portent principalement sur les imaginaires marchands et les cultures de consommation.

    Elon Musk et Jeff Bezos aujourd’hui, Steve Jobs et Bill Gates hier, Thomas Edison et Andrew Carnegie un siècle plus tôt… De nombreuses célébrités entrepreneuriales peuplent nos imaginaires. Ces grands hommes seraient des créateurs partis de rien, des visionnaires capables d’imaginer des innovations révolutionnaires, des génies aux capacités hors du commun. Dans ce livre, Anthony Galluzzo s’attache à défaire cette mythologie, à comprendre ses caractéristiques et ses origines. Il montre en quoi cet imaginaire fantasmatique nous empêche de saisir la dimension fondamentalement systémique de l’économie et contribue à légitimer un ordre politique fondé sur le conservatisme méritocratique, où chaque individu est considéré comme pleinement comptable de ses réussites et de ses échecs.